30/05/2026 20:00 Actualité RDC • Afrique • Monde
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Burkina Faso : la suspension des exportations de bétail divise le pays avant l’Aïd al-Adha

Afrique de l’Ouest

Le Burkina Faso a décidé de suspendre temporairement l’exportation du bétail afin de renforcer l’approvisionnement du marché national et de contenir la hausse des prix de la viande à l’approche de l’Aïd al-Adha. Une mesure économique et sociale qui suscite des réactions contrastées entre commerçants, éleveurs et consommateurs.

Dans les principaux marchés à bétail du pays, l’activité a fortement ralenti. De nombreux négociants affirment que cette interdiction bloque leurs échanges habituels avec les pays voisins, notamment le Ghana et la Côte d’Ivoire, où la demande en moutons augmente fortement durant les fêtes religieuses.

Pour plusieurs exportateurs, les conséquences financières sont déjà visibles. Certains expliquent être contraints de vendre leurs animaux à des prix inférieurs aux coûts d’achat, faute de débouchés extérieurs. Les éleveurs spécialisés dans les moutons Djallonké, réputés dans toute la sous-région pour leur qualité, redoutent une baisse importante de leurs revenus si la mesure se prolonge après les célébrations.

Malgré ces inquiétudes, une partie de la population soutient la décision gouvernementale. À Ouagadougou, de nombreux consommateurs espèrent une diminution du prix de la viande, devenu difficilement accessible pour plusieurs familles ces derniers mois. Le kilogramme se vendait entre 3 000 et 5 000 francs CFA selon les marchés et les périodes.

À travers cette suspension, les autorités burkinabè affichent également une ambition économique plus large : développer une filière locale de transformation de la viande afin d’augmenter la valeur ajoutée des produits exportés. Le gouvernement souhaite progressivement privilégier l’exportation de viande transformée plutôt que celle du bétail vivant.

Le secteur de l’élevage reste stratégique pour l’économie burkinabè. En 2024, les exportations de bovins, ovins et caprins ont généré près de 11,8 milliards de francs CFA, plaçant le bétail parmi les principales sources de revenus du pays après l’or et le coton.

Alors que les consommateurs attendent une baisse effective des prix, les commerçants espèrent désormais un assouplissement rapide des restrictions après l’Aïd. Le débat illustre les difficultés pour les autorités de concilier protection du pouvoir d’achat, stabilité du marché intérieur et préservation des revenus des acteurs du secteur pastoral.

Rédaction

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