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Mali : six proches de l'ancien président de transition Bah N'Daw jugés pour « tentative de complot »

Publié le : 15/07/2026 à 07:46
Afrique de l’Ouest

Près de cinq ans après leur arrestation, six personnalités considérées comme proches de l'ancien président de transition Bah N'Daw comparaissent ce mardi 14 juillet devant les chambres criminelles de la Cour d'appel de Bamako. Elles sont poursuivies pour « tentative de complot contre le gouvernement », des accusations qu'elles contestent depuis le début de la procédure.

 

Cette affaire est l'une des plus anciennes engagées sous la transition militaire en cours au Mali. Depuis les coups d'État de 2020 et 2021, plusieurs responsables politiques, militaires et membres de la société civile ont été poursuivis pour des faits liés à des supposées tentatives de déstabilisation du régime.

 

Parmi les prévenus figurent notamment le colonel Kassoum Goïta, ancien directeur de la Sécurité d'État (sans lien de parenté avec le président de transition Assimi Goïta), et Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence sous Bah N'Daw.

 

Les autres accusés sont un adjudant-chef de la Sécurité d'État, un commissaire de police, un opérateur économique et un chef religieux. Les autorités judiciaires n'ont pas rendu publics les faits précis qui leur sont reprochés.

 

Les six hommes avaient été arrêtés à l'automne 2021, quelques mois après le second coup d'État militaire de mai 2021, qui avait conduit au renversement de Bah N'Daw. Selon leurs avocats, ils auraient été enlevés par les services de sécurité avant d'être officiellement présentés à la justice.

 

La défense affirme que certains accusés ont subi des actes de torture durant leur détention. Ces allégations n'ont pas donné lieu, à ce jour, à une décision judiciaire établissant les responsabilités.

 

En juin 2022, deux des prévenus, dont Kalilou Doumbia, avaient été mis hors de cause par un juge d'instruction, mais ils n'avaient pas été remis en liberté. En janvier 2023, la Cour d'appel avait finalement ordonné le renvoi des six accusés devant la juridiction criminelle.

 

Les avocats des prévenus soutiennent que cette procédure est motivée par des considérations politiques, estimant que leurs clients sont poursuivis en raison de leur proximité avec l'ancien président Bah N'Daw, renversé par les militaires aujourd'hui au pouvoir.

 

Ils rappellent également qu'une plainte déposée en décembre 2021 pour des faits présumés de torture, association de malfaiteurs et vol contre plusieurs responsables de la Sécurité d'État, dont l'actuel directeur de l'institution, n'a jamais connu de suite judiciaire.

 

Après plusieurs années de détention et de reports, ce procès représente une étape importante pour les six accusés, qui espèrent pouvoir répondre publiquement aux accusations portées contre eux et obtenir une décision de justice.

 

L'affaire intervient alors que le Mali demeure dirigé par les autorités de transition issues des coups d'État de 2020 et 2021. Le pays n'a toujours pas organisé les élections destinées à marquer le retour à un pouvoir civil, et la situation politique reste suivie de près par les partenaires régionaux et internationaux.

 

Rédaction

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