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RDC : ambulances vandalisées, soignants agressés par des motards, la riposte contre Ebola sous pression

Publié le : 19/08/2026 à 08:12
Santé
Photo d'illustration

La riposte contre Ebola en République démocratique du Congo est confrontée à un nouveau risque majeur : l’insécurité. Des ambulances ont été vandalisées, un ambulancier grièvement blessé et plusieurs opérations sanitaires perturbées en Ituri et dans le Haut-Uélé, alors que l’épidémie a déjà fait plus de 2 300 morts.

 

À Aru, en Ituri, une équipe engagée dans la riposte a été attaquée dimanche 17 août. À l’hôpital de Kandoy, dans la zone de santé de Biringi, des jeunes, principalement des motards,  ont saccagé les installations alors qu’une ambulance venait chercher deux personnes suspectées d’avoir contracté Ebola.

 

Le chauffeur de l’ambulance a été grièvement blessé et se trouve dans le coma. Le véhicule a été entièrement incendié et rendu inutilisable.

Selon le médecin-chef de la zone de santé de Biringi, les deux personnes recherchées ont disparu après l’attaque. D’autres patients ont également quitté l’établissement dans la confusion.

 

Pour les autorités sanitaires, cet incident constitue une menace directe pour la lutte contre l’épidémie. Le coordonnateur principal de la riposte Ebola pour les Nations unies, Julien Harneis, rappelle que les ambulances sont déjà trop peu nombreuses et que leur destruction prive les populations d’un service essentiel.

 

Les difficultés s’accumulent. Le 15 août, en Ituri, seuls 21 des 171 « rings » attendus avaient pu être ouverts. Ces dispositifs permettent notamment d’intervenir autour des cas confirmés ou suspects afin de décontaminer les lieux et limiter les nouvelles transmissions.

 

À Epulu-Zunguluka, dans la zone de santé de Mambasa, les conditions de sécurité n’ont pas non plus permis de réaliser un enterrement sécurisé et digne.

 

La situation ne concerne pas uniquement l’Ituri. Dans le Haut-Uélé, un infirmier a été agressé dans l’aire de santé d’Apodo, tandis qu’à Tuluba, dans la zone de santé d’Isiro, une communauté a emporté un corps avant qu’un prélèvement puisse être effectué.

 

À ces problèmes sécuritaires s’ajoute une pénurie de moyens de transport médical. Deux ambulances sont actuellement en panne en Ituri et seulement cinq sont disponibles au Nord-Kivu. Dans le Haut-Uélé, les autorités sanitaires réclament dix ambulances supplémentaires.

 

Cette combinaison de violences, de résistances communautaires et de moyens insuffisants complique fortement le dépistage, le transport des malades, le suivi des contacts et les opérations de désinfection.

 

Alors que l’épidémie continue de progresser, la riposte doit désormais faire face à un double défi : combattre le virus et protéger ceux qui combattent le virus sur le terrain. Sans sécurité et sans moyens logistiques suffisants, chaque intervention retardée peut offrir au virus une nouvelle possibilité de se propager.

 

Rédaction

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