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Salvador : Amnesty International accuse le régime Bukele de possibles crimes contre l'humanité

Publié le : 17/07/2026 à 07:11
Amérique

Le durcissement de la politique sécuritaire du président Nayib Bukele est de nouveau sous le feu des critiques. Dans un rapport publié ce jeudi, Amnesty International affirme que les violations des droits humains commises dans le cadre de la lutte contre les gangs pourraient relever de crimes contre l'humanité, en raison de leur caractère présumé systématique.

 

L'organisation de défense des droits humains dénonce les conséquences du régime d'exception instauré en 2022 pour combattre les organisations criminelles. Initialement prévu pour une durée limitée, ce dispositif est resté en vigueur pendant plusieurs années et a conduit, selon Amnesty International, à près de 90 000 arrestations ainsi qu'à au moins 470 décès en détention.

 

Le rapport met en cause des arrestations qualifiées d'arbitraires, des détentions prolongées et des conditions carcérales jugées préoccupantes. Amnesty estime que ces pratiques pourraient engager la responsabilité de l'État au regard du droit international. À ce stade, il s'agit d'allégations formulées par l'organisation et non de conclusions rendues par une juridiction internationale.

 

Sur le terrain, plusieurs organisations locales accompagnent les familles des personnes arrêtées. C'est le cas du Mouvement des victimes du régime d'exception, créé par l'ancien syndicaliste Samuel Ramirez. Selon lui, l'objectif est d'aider les citoyens à connaître leurs droits, à contester les arrestations qu'ils jugent injustifiées et à obtenir une assistance juridique.

 

Samuel Ramirez affirme que des personnes innocentes figureraient parmi les détenus et dénonce également la situation de femmes enceintes et de jeunes mères incarcérées durant le régime d'exception. Il évoque notamment le décès de plusieurs nourrissons en prison, des accusations qui alimentent les critiques des organisations de défense des droits humains.

 

Le mouvement indique avoir introduit plusieurs recours devant les juridictions nationales pour contester la constitutionnalité du régime d'exception, sans obtenir, jusqu'à présent, les décisions espérées.

 

Depuis son arrivée au pouvoir, Nayib Bukele est largement crédité d'avoir réduit de manière spectaculaire les violences liées aux gangs, une politique saluée par une partie de la population et observée avec intérêt dans plusieurs pays d'Amérique latine. Toutefois, cette stratégie continue de susciter un débat sur l'équilibre entre les impératifs de sécurité et le respect des droits fondamentaux.

 

Rédaction

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