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Référendum en RDC : le camp au pouvoir trace la route vers un troisième mandat pour Félix Tshisekedi

Publié le : 08/09/2026 à 08:15
Politique
Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, brandissant la Constitution lors de sa prestation de serment.

Le pouvoir congolais avance vers un référendum constitutionnel qui pourrait permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat en 2028. À quelques jours de la rentrée parlementaire du 15 septembre, la procédure législative doit reprendre, faisant du mois de septembre une étape déterminante dans la bataille politique qui oppose la majorité présidentielle à l’opposition.

 

Le message du pouvoir est désormais difficile à interpréter autrement : la Constitution peut être changée, mais la décision devra, selon la majorité, revenir au peuple. Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, Premier vice-président de l’Assemblée nationale, l’affirme clairement : si les Congolais approuvent la modification par référendum, le changement devra être appliqué, y compris s’il permet au chef de l’État de se représenter en 2028.

 

La procédure est déjà engagée. La proposition de loi Ngondankoy a été adoptée, transmise au président de la République et examinée par la Cour constitutionnelle. Après avoir été déclarée conforme sous certaines réserves, elle doit revenir devant les députés pour une nouvelle lecture lors de la session de septembre. La majorité la présente comme une priorité.

 

Derrière la bataille juridique se joue donc déjà la bataille de 2028. Pour le pouvoir, le peuple doit pouvoir décider souverainement de l’avenir de la Constitution. Pour l’opposition, cette réforme nourrit surtout la crainte d’une modification des règles du jeu au profit du président sortant.

 

Le risque est désormais celui d’un durcissement du bras de fer politique. L’opposition menace de se mobiliser à Kinshasa le 15 septembre si aucun compromis n’est trouvé autour du dialogue national et du projet constitutionnel. Le pouvoir affirme, lui, que la liberté de manifester reste garantie.

 

Autre ligne rouge pour la majorité : le dialogue national. Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu refuse que le M23, qu’il considère comme une force militaire soutenue par un État étranger, puisse s’asseoir à une table politique avec les institutions congolaises. Il rejette l’idée d’une négociation politique menée « armes en main ».

 

Le même durcissement apparaît dans le dossier Joseph Kabila. Le Premier vice-président de l’Assemblée nationale estime qu’aucune mesure de clémence ne peut être envisagée dans le contexte actuel et conditionne toute éventuelle ouverture à une rupture avec le recours aux armes.

 

À Kinshasa, le compte à rebours est donc lancé. D’un côté, le pouvoir prépare la reprise de la procédure parlementaire et défend le principe d’un référendum. De l’autre, l’opposition se prépare à contester cette démarche et menace de descendre dans la rue.

 

Une chose est désormais claire : le débat sur la Constitution n’est plus une simple discussion institutionnelle. Il est devenu l’un des principaux enjeux du pouvoir en RDC et pourrait déterminer la confrontation politique jusqu’à l’échéance présidentielle de 2028.

 

Rédaction

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