30/05/2026 21:13 Actualité RDC • Afrique • Monde
DRC News

DRC News

Toute l'actualité en direct

EN DIRECT RADIO
À la Une Musique Sport Écouter
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Épidémie d’Ebola en RDC : plusieurs zones de l’Ituri désormais touchées, l’OMS alerte sur une crise sanitaire plus vaste

Santé

L’épidémie d’Ebola Bundibugyo poursuit sa progression dans l’est de la République démocratique du Congo, avec l’apparition d’un nouveau foyer dans la zone de santé de Bambu, en Ituri. Cette zone devient ainsi la huitième affectée par la maladie dans la province, dans un contexte marqué à la fois par l’insécurité armée et les difficultés de la riposte sanitaire.

Les dernières données sanitaires font état de 82 cas confirmés et 7 décès confirmés en RDC, tandis que près de 750 cas suspects et 177 décès suspects restent sous investigation. Les autorités sanitaires expliquent cette augmentation par le renforcement des opérations de surveillance et l’intensification des analyses en laboratoire, permettant d’identifier davantage de cas jusque-là non détectés.

À Bambu, un cas confirmé, deux cas suspects ainsi qu’un décès communautaire ont été signalés. Les équipes de riposte ont identifié 128 personnes contacts dans cette seule zone, mais aucun suivi effectif n’avait encore été réalisé au moment de la publication du dernier rapport sanitaire. Cette situation inquiète les autorités, d’autant plus que Bambu se situe sur l’axe Iga Barrière–Mongwalu, considéré comme l’un des secteurs les plus sensibles de l’Ituri en raison de l’activité persistante des groupes armés.

Depuis plusieurs années, cette région connaît des attaques répétées contre les civils, les structures de santé et les organisations humanitaires. Plusieurs incidents violents y ont déjà perturbé les activités médicales et humanitaires, compliquant davantage la lutte contre l’épidémie actuelle.

Les responsables sanitaires reconnaissent que la situation réelle pourrait être plus importante que les chiffres officiellement enregistrés. Les contraintes sécuritaires limitent l’accès de certaines localités aux équipes médicales, ralentissant l’identification des malades et le suivi des personnes exposées au virus.

Dans l’ensemble des zones touchées, le suivi des cas contacts demeure particulièrement faible. Sur plus de 1 200 contacts recensés, seule une faible proportion avait été effectivement suivie lors du dernier bilan. Des cas d’évasion de patients dans certaines structures de soins ont également été signalés, illustrant la méfiance persistante d’une partie de la population envers les dispositifs de prise en charge.

Les autorités sanitaires craignent également un risque de propagation transfrontalière vers l’Ouganda, notamment après des déplacements de populations liés aux cérémonies funéraires autour du lac Albert.

La riposte fait aussi face à des difficultés logistiques importantes. Plusieurs échantillons biologiques restaient bloqués faute de moyens de transport vers les laboratoires spécialisés, retardant ainsi les analyses et la confirmation des cas.

Face à cette situation, les équipes sanitaires renforcent les mesures de prévention et de sensibilisation communautaire. Des discussions ont également été engagées avec les autorités locales afin de limiter certains rassemblements à haut risque, notamment les veillées mortuaires, souvent identifiées comme des facteurs de transmission du virus.

Alors que l’épidémie continue d’évoluer dans un environnement sécuritaire fragile, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux appellent à une mobilisation rapide afin de renforcer le suivi des contacts, améliorer l’accès aux soins et éviter une propagation plus large de la maladie en Ituri et dans les zones voisines.

Rédaction

Articles similaires

Articles récents

Commentaires

Soyez le premier à laisser un commentaire !