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Burkina Faso : Ibrahim Traoré appelle à un islam « modéré » et annonce un renforcement du contrôle des prêches

Publié le : 18/07/2026 à 07:19
Afrique de l’Ouest

Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a appelé les responsables religieux musulmans à promouvoir un islam « modéré » et mis en garde contre ce qu'il qualifie de « minorité d'extrémistes ». Cette déclaration a été faite le jeudi 16 juillet lors d'une rencontre avec les Forces vives de la région de Yaadga, dans le nord du Burkina Faso.

 

Au cours de son intervention, le chef de l'État a affirmé que les autorités intensifieraient la surveillance des prêches religieux. Il a averti que les prédicateurs tenant, selon lui, des discours favorisant l'extrémisme pourraient être suspendus de leurs activités.

 

Ibrahim Traoré a également soutenu que des groupes terroristes utilisent le canal religieux pour tenter de déstabiliser le pays. Il a réitéré que les forces de défense découvrent régulièrement des exemplaires du Coran lors des opérations menées contre des groupes armés, tout en estimant que cette situation ne saurait être assimilée à l'ensemble de la communauté musulmane.

 

Le président de la transition a annoncé plusieurs mesures visant à renforcer le contrôle de la formation religieuse. Il a notamment indiqué que l'État apportera un soutien financier aux imams prônant, selon ses termes, « la bonne parole ». Il a également déclaré vouloir faire revenir les étudiants burkinabè poursuivant des études islamiques à l'étranger, affirmant que ceux qui refuseraient de rentrer s'exposeraient à des sanctions.

 

Ces annonces s'inscrivent dans un contexte de durcissement de la réglementation. Depuis la fin du mois de juin, les étudiants burkinabè souhaitant poursuivre leurs études à l'étranger doivent obtenir une autorisation préalable du ministère de l'Enseignement supérieur, les autorités expliquant cette mesure par la nécessité d'aligner les formations sur les priorités nationales.

 

Les déclarations d'Ibrahim Traoré interviennent alors que les relations entre le pouvoir de transition et une partie des responsables religieux musulmans suscitent des débats. Ces derniers mois, plusieurs décisions gouvernementales, notamment l'encadrement des prières dans l'espace public et l'instauration de la Journée des coutumes et des traditions, ont provoqué des réactions au sein de certains milieux religieux.

 

Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains et des proches de personnes disparues continuent d'exprimer leurs préoccupations concernant des cas signalés d'enlèvements d'imams et de fidèles musulmans, dont le sort demeure inconnu.

 

Rédaction

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