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RDC : la réhabilitation de la route Mbuji-Mayi–Nguba fait perdre 80 millions USD à l’État après l’exonération de 100 millions de litres de carburant

Publié le : 22/09/2026 à 15:08
Economie

100 millions de litres de carburant exonérés et, selon un député national, plus de 80 millions de dollars potentiellement perdus pour le Trésor public : une affaire qui soulève de nouvelles interrogations à l’Assemblée nationale. Patrick Munyomo Basilwango demande des explications sur la décision ayant permis cette exonération dans le cadre du projet de réhabilitation de la route Mbuji-Mayi–Nguba.

 

Le député national, élu de Goma, a saisi le 21 septembre 2026 le président de l’Assemblée nationale à travers une question orale avec débat adressée au directeur général de l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC).

 

Au cœur de son interpellation : la validation par l’APCSC d’une exonération portant sur 100 millions de litres de produits pétroliers destinés aux sous-traitants du projet routier financé dans le cadre du Programme sino-congolais.

 

80 millions USD : où est passé le manque à gagner ?

En s’appuyant sur l’article 180 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, Patrick Munyomo estime à plus de 80 millions de dollars le manque à gagner que cette exonération aurait occasionné à l’État.

 

Un chiffre considérable, mais qui reste, à ce stade, une évaluation du parlementaire et non un montant officiellement établi comme préjudice financier.

 

L’affaire est d’autant plus sensible que le dossier fait également l’objet de vérifications de l’Inspection générale des finances (IGF).

 

Autre point qui alimente les interrogations : les conditions dans lesquelles Ultimate Oil & Gas a été reconnue comme sous-traitante du projet.

 

La Société d’Infrastructures Sino-Congolaises (SISC), maître d’œuvre du chantier, a contesté cette qualité et affirmé ne pas avoir sollicité d’exonération en faveur de cette entreprise.

 

Dès lors, plusieurs questions se retrouvent au centre du débat : qui a demandé l’exonération ? Sur quelle base a-t-elle été accordée ? Quels documents ont permis sa validation ? Et surtout, quel sera finalement son impact financier pour l’État ?

 

C’est précisément sur cette procédure que le député exige des explications de l’APCSC.

 

Patrick Munyomo souhaite que les éventuelles sommes récupérées puissent être affectées à des priorités nationales.

Il cite notamment la prise en charge sociale des victimes des conflits dans le Nord et le Sud-Kivu, la relance de Congo Airways à travers l’acquisition d’aéronefs, ainsi que le développement des infrastructures sportives à travers le pays.

 

Le parlementaire demande par ailleurs l’inscription urgente de sa question à l’ordre du jour d’une prochaine séance plénière.

Entre exonération fiscale, statut contesté d’un sous-traitant et dizaines de millions de dollars potentiellement en jeu, le dossier promet désormais de s’inviter au Parlement. Reste une question centrale : le chiffre de 80 millions de dollars avancé par le député sera-t-il confirmé par les vérifications officielles ?

 

L’IGF poursuit ses investigations sur le circuit administratif et documentaire ayant conduit à cette exonération. À ce stade, les éventuelles responsabilités et le montant définitif d’un éventuel préjudice restent à établir.

 

Rédaction

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