Dans un entretien accordé au média belge La Libre Belgique, l’ancien président congolais Joseph Kabila dresse un réquisitoire sévère contre le régime actuel dirigé par Félix Tshisekedi.

Entre rupture politique, défense de la Constitution et appel à une refondation du système, ses propos marquent une prise de position tranchée.
D’emblée, Joseph Kabila confirme l’existence d’un accord politique conclu en 2019 entre sa famille politique et la plateforme Cach, réunissant Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe. Toutefois, il accuse le chef de l’État d’avoir trahi cet engagement dès le départ, affirmant être le seul à en détenir une copie.
Sur le plan institutionnel, l’ancien président se montre catégorique : il rejette toute idée de révision de la Constitution de 2006, qu’il considère comme « sacrée ». Selon lui, le véritable problème ne réside pas dans le texte, mais dans « un petit clan » au pouvoir, accusé de vouloir se maintenir par des manœuvres qu’il qualifie de « tripatouillage dangereux ».
Concernant la limitation des mandats présidentiels, notamment l’article 70, Kabila insiste sur le respect strict de la Constitution, dissociant cette question de toute ambition personnelle.

Il accuse plutôt le pouvoir en place de violer les principes constitutionnels.
L’ancien chef de l’État appelle par ailleurs à une mobilisation nationale, tant sur le territoire qu’au sein de la diaspora, contre ce qu’il décrit comme une « tyrannie ». Il invoque l’article 64 de la Constitution, qui engage les citoyens à s’opposer à toute prise de pouvoir illégitime.
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila dresse un bilan sombre des cinq dernières années, évoquant notamment le retour d’armées étrangères, la persistance des violences en Ituri et une dégradation générale de la situation sécuritaire.

Il attribue ces reculs à la gestion du régime actuel, qu’il oppose à la situation de 2019.
L’ancien président critique également le rôle de la Belgique, estimant qu’elle risque de perdre sa crédibilité en soutenant les autorités actuelles. Il souligne néanmoins que certains acteurs belges tentent de rééquilibrer la situation, notamment via la justice.
Évoquant les tensions dans le Katanga, Kabila rejette toute idée de sécession, affirmant que le mécontentement est d’ordre national. Il appelle cette région stratégique à jouer un rôle moteur dans un éventuel changement politique.

Joseph Kabila plaide pour une transformation en profondeur du système politique congolais, allant jusqu’à proposer un renouvellement de la classe dirigeante à travers des mécanismes comme des primaires.
Tout en rejetant toute perspective de balkanisation, il met en garde contre le risque de voir la RDC basculer dans une situation comparable à celle du Soudan si aucune réforme structurelle n’est engagée.



Christian KISILA

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