
Dans la Province du Lualaba en République démocratique du Congo, l’entreprise Tenke Fungurume Mining, TFM en sigle, est accusée d’être à la base de la pollution atmosphérique et environnementale. Cette entreprise chinoise du groupe CMOC est accusée par deux structures.
Il s’agit de l’ONG Protection des éco-région des miombo au Congo ( Premi-Congo) et l’ONG Américaine Environmental investigation agency ( EIA).
Cette accusation est contenue dans son rapport intitulé « Une transition toxique » publié le 10 mars dernier.
Ce rapport est en effet publié après 3 ans d’enquêtes fouillées au quartier Manomapia dans la commune de Fungurume.
Cette étude appuyée scientifiquement par l’université de Lubumbashi, démontre à quel degré les minerais de la transition énergétique exploités par TFM sont à la base des conséquences sanitaires et environnementales dans cette zone. Cette étude met l’accent sur l’aspect paradoxal qui accompagne la transition énergétique et l’accès aux minerais critiques en RDC.
Selon les deux ONG, les recherches menées à Manomapia affirment que la société TFM est coupable des pollutions graves dans cette partie de la province du Lualaba.« Au cours de nos recherches, nous avons rencontré les victimes de la pollution qui sont les communautés locales » indique Christian Bwenda, Coordonnateur de l’ONG Premi-Congo. Et de renchérir « les données de nos recherches ont été approuvées par des experts de l’université de Lubumbashi.
Ces experts ont confirmé les sources de pollution ainsi que les causes de nuisance que subissent les victimes dans la commune de Fungurume.»
En outre, ces structures précisent que les méthodes utilisées pour passer aux énergies propres, ne contribuent pas à la promotion des droits humains et à la protection de l’environnement. « La mise en service de l’usine 30K à Manomapia a entraîné une grande émission de S02» dit Patricia Kashala chargée des programmes à l’ONG Premi-Congo. Et d’ajouter « parmi les problèmes sanitaires enregistrés, il y a notamment des maladies pulmonaires, de saignement de nez, toux chroniques ainsi que de cas de malformations congénitales.»
Par ailleurs, ce rapport met pointe aussi du doigt accusateur les services techniques étatiques du secteur minier. « Ces services ont la charge de veiller à ce que les investissements miniers soient précédés par des études d’impacts environnementaux viables» dénonce Christian Bwenda. Et de poursuivre « les investissements miniers doivent être régulièrement inspectés afin de voir si les mesures de mitigation des impacts négatifs sur l’environnement sont bien respectées par les entreprises minières.»
Face à ces accusations, la direction de Tenke Fungurume Mining a réagi officiellement. L’entreprise affirme être en totale conformité avec les lois congolaises et disposer de systèmes de gestion certifiés ISO 14001 et ISO 45001.
Dans sa réponse, TFM souligne que ses propres données de surveillance entre fin 2024 et début 2025 indiquent que les concentrations de SO2 restent dans les limites réglementaires. Peng Bin, responsable ESG de TFM, assure que les allégations liant l’expansion de la mine aux problèmes de santé des populations « ne sont pas étayées par les données et les évaluations dont dispose TFM ». L’entreprise rappelle également sa politique de « Stop Work Authority » (SWA), qui oblige tout personnel à interrompre un travail jugé dangereux.
Rédaction


Laisser un commentaire