
La compétition internationale autour des minerais stratégiques congolais franchit un nouveau cap. Au centre des convoitises : le gisement de lithium de Manono, dans la province du Tanganyika, présenté comme l’un des plus importants au monde.
Lors du forum Indaba Mining en Afrique du Sud, la directrice générale de la Cominière, Alpha Monga Mwidia, a annoncé le démarrage de la première production dès juin 2026.
Les premières exportations sont prévues immédiatement vers la Chine. Dans le cadre de la joint-venture en vigueur, le groupe chinois Zijin Mining assurera la commercialisation de l’ensemble de la production initiale, y compris la part revenant à la partie congolaise.
Cette accélération confirme l’ancrage stratégique de Pékin dans le projet Manono. Selon la configuration actuelle du capital, Zijin Mining détient 61 % des parts, tandis que la Cominière et l’État congolais se partagent les 39 % restants.
Au-delà des différends juridiques qui ont marqué ce dossier ces dernières années, Manono s’inscrit désormais dans une rivalité géoéconomique plus large entre la Chine et les États-Unis.
Les minerais critiques, indispensables à la transition énergétique mondiale et à la fabrication des batteries électriques, sont devenus un enjeu majeur de souveraineté industrielle et Washington suivrait de près l’évolution du projet.
Le cas du lithium de Manono illustre ainsi le positionnement stratégique de la RDC au cœur des tensions économiques mondiales. Reste une interrogation fondamentale : quelles seront les retombées concrètes pour le développement du Tanganyika et pour les communautés locales appelées à cohabiter avec l’un des plus grands projets miniers du continent ?
Christian KISILA


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