L’ancienne gouverneure de la province du Tanganyika, Julie Ngungwa Mwayuma, est sortie de son silence le vendredi 6 février lors d’une émission télévisée. Elle y a dressé un tableau sombre de la gestion actuelle de la province, tout en dénonçant des pratiques qu’elle juge contraires à l’unité du Grand Katanga.
Sans citer directement son successeur, le gouverneur Christian Kitungwa Muteba, Julie Ngungwa a vivement critiqué le bilan des infrastructures routières. Selon elle, aucun kilomètre de route n’a été asphalté depuis son départ, alors qu’elle affirme avoir laissé des fonds destinés à l’asphaltage de 12,5 km de routes, dont les travaux avaient déjà commencé sous son mandat. Elle accuse l’actuelle administration d’avoir détourné ces ressources à des fins personnelles.
D’après plusieurs sources locales, les projets de réhabilitation routière lancés par le gouverneur en place sont tous à l’arrêt, sans explication officielle donnée à la population, accentuant ainsi le sentiment de stagnation dans la province.
Julie Ngungwa a également dénoncé ce qu’elle qualifie d’esprit de division entretenu par Dany Banza Maloba, autorité morale du parti Avenir du Congo (ACO). Elle lui reproche d’avoir réclamé publiquement ses « parts » lors d’un meeting populaire, au lieu d’emprunter des voies légales et discrètes, une attitude qu’elle juge dangereuse pour la cohésion sociale.
Première femme gouverneure du Tanganyika, elle a rejeté l’usage du titre « Baba wa Katanga », estimant qu’il s’agit d’un symbole d’unité hérité de feu Kyungu wa Kumwanza et non d’un outil de division ou de personnalisation du pouvoir.
Enfin, Julie Ngungwa a salué la bonne volonté du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en mettant en avant sa propre gestion financière, affirmant avoir fait passer les recettes mensuelles provinciales de 200 000 à 700 000 dollars.
Pour plusieurs observateurs, ces déclarations trouvent un écho dans la réalité actuelle du Tanganyika, confronté à la dégradation des routes, à l’insalubrité croissante de Kalemie et à un climat politique de plus en plus tendu.
Hénnoc Leya Masika



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