Une nuit d’horreur a secoué la prison centrale de Manono, dans la province du Tanganyika, entre lundi 29 et mardi 30 septembre 2025. Une tentative d’évasion collective a viré au drame : un détenu a été abattu par balle, tandis que huit autres prisonniers ont réussi à s’évader. Ces fugitifs sont actuellement activement recherchés par les forces de sécurité.
D’après des sources locales, cette évasion aurait été minutieusement planifiée par un groupe de détenus profitant d’un relâchement dans le dispositif sécuritaire.
En sous-effectif, les gardiens ont ouvert le feu dès l’éclatement de la mutinerie.
Le détenu abattu aurait été touché à l’abdomen et est mort sur le coup, tandis que d’autres complices ont été blessés.
Malgré l’intervention rapide de la police, l’opération n’a pas permis d’empêcher huit prisonniers de franchir le mur d’enceinte.
La maison carcérale de Manono détient tristement le record du nombre d’évasions dans la province.
Selon plusieurs observateurs, cette situation résulte notamment de la dégradation des conditions de détention et du non-respect des droits fondamentaux des prisonniers.
L’administrateur du territoire, Cyprien Kitanga Kabale, a dénoncé une situation critique : « Cela fait pratiquement un an que la prison n’est plus approvisionnée en nourriture. » Dans un tel contexte, les familles sont contraintes de payer 10 000 FC aux surveillants pour faire parvenir à manger à leurs proches détenus.
Un récent rapport d’une commission de députés provinciaux a mis en lumière l’absence totale de soins médicaux, la rupture fréquente des stocks de médicaments et la multiplication des décès liés à l’absence de prise en charge.
La prison de Manono symbolise une crise carcérale profonde, à la croisée des chemins entre abandon institutionnel et tensions sécuritaires croissantes.
Christian KISILA



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