Kolwezi, 26 septembre 2025 – Dans une intervention diffusée sur Mikuba Télévision, puis reprise sur les réseaux sociaux il y a quelques jours, le journaliste Alain Saint Pierre Mwamba a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme un décalage criant entre l’image projetée par les autorités provinciales du Lualaba et la réalité quotidienne des habitants.
Selon lui, les responsables politiques s’appliquent à présenter le Lualaba sous un jour flatteur, au détriment de la vérité vécue par la majorité. « Il n’y a aucun intérêt à afficher une image positive de la ville alors que les gens que vous êtes censés gérer vivent dans la médiocrité », a-t-il déclaré, comparant cette attitude à celle « d’un père qui montre des photos de ses enfants heureux alors qu’ils dorment affamés ».
Le journaliste dénonce une communication politique axée sur des inaugurations d’infrastructures encore inachevées ou peu fonctionnelles. L’aéroport international du Lualaba, inauguré en juin dernier, n’accueille toujours pas de vols et les passagers continuent d’utiliser l’ancien hangar. La clinique moderne Mwangeji a bien été présentée comme une avancée, mais aucun service n’y est réellement opérationnel. Les nouveaux bâtiments du gouvernement provincial, eux aussi inaugurés, demeurent vides.
« Qui voyage par ce nouvel aéroport ? Qui se soigne dans le nouveau Mwangeji ? Qui travaille dans le nouveau gouvernorat ? Personne », a-t-il lancé, pointant du doigt une série d’ouvrages « vitrine » dont l’utilité immédiate reste à démontrer.
Pour Alain Saint Pierre Mwamba, la vie quotidienne des Lualabais reste marquée par la pauvreté et l’absence de services de base. « Pas de routes, pas d’électricité, pas d’eau. Toute la ville est couverte de poussière », affirme-t-il, estimant qu’il est « cruel de demander à la population d’applaudir les mensonges ».
Il évoque notamment la route Lwilu, en état de dégradation avancée, qui mène pourtant à plusieurs sites touristiques majeurs. « Comment parler de tourisme si les visiteurs ne peuvent même pas accéder aux sites ? », s’interroge-t-il, plaidant pour que les efforts soient d’abord orientés vers l’amélioration du quotidien des habitants, avant la recherche d’une vitrine internationale.
À ses yeux, la province mérite effectivement une bonne image, mais celle-ci ne peut pas être construite sur « des illusions ». Pour lui, montrer des infrastructures non encore fonctionnelles n’améliore en rien la réputation du Lualaba. « Une bonne image, c’est celle qui traduit le bien-être réel de la population, pas celle qu’on fabrique pour les réseaux sociaux », a-t-il conclu.
El Boutros Banzaley



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