Kolwezi, 25 septembre 2025 – Dans la province du Lualaba, un débat grandissant oppose discours officiels et perception populaire. Plusieurs cérémonies d’inauguration menées ces derniers mois, notamment lors de la visite du président Félix-Antoine Tshisekedi en juin 2025, suscitent aujourd’hui des interrogations sur l’état réel des infrastructures présentées comme achevées.
Selon des observations locales, certains ouvrages inaugurés restent inachevés ou non utilisés. L’aérogare de l’aéroport du Lualaba est encore en chantier, la clinique moderne Mwangeji n’est pas totalement opérationnelle, et les nouveaux bâtiments du gouvernement provincial demeurent vides. Le cas du siège provincial de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est encore plus complexe : bien que le bâtiment soit achevé, il n’est pas exploité à cause d’un litige judiciaire qui serait lié à la propriété de la parcelle.
Cette situation alimente la frustration d’une partie de la population, qui y voit davantage un geste politique qu’une réponse concrète aux besoins sociaux. Pour beaucoup, inaugurer un ouvrage signifie le rendre disponible et fonctionnel, non pas offrir une vitrine temporaire.
Du côté des citoyens, la déception est palpable. « Pourquoi inaugurer si le chantier n’est pas terminé ? », s’interroge Baudoin Nguz, habitant de Kolwezi, qui déplore une stratégie de communication plutôt qu’une véritable action de développement. Pour lui, la gouverneure Fifi Masuka et son équipe « entretiennent une illusion de progrès », alors que la réalité quotidienne reste marquée par la pauvreté, la poussière et la dégradation des services sociaux de base.
Le contraste est d’autant plus saisissant que le Lualaba est une province stratégique, riche en ressources naturelles, mais où une minorité bénéficie largement de cette richesse tandis que la majorité vit dans la précarité. Entre projets présentés en grande pompe et attentes non satisfaites, la question demeure : faut-il inaugurer pour communiquer ou travailler pour transformer ?, répondre qui pourra !.
Rédaction



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