Kinshasa, 22 septembre 2025 – Dans une analyse lucide sur l’avenir de la République démocratique du Congo (RDC), le Professeur Georges Milumbu Mulumbulwa, expert en éducation et directeur pays de l’ONG internationale Greenpeace Africa, affirme que le véritable enjeu du pays ne réside plus dans la colonisation, la néocolonisation ou les discours religieux répétitifs, mais dans la qualité du capital humain que produit le système éducatif.
« Le vrai problème du Congo, c’est le mauvais capital humain produit par le système éducatif. L’adulte est ce qu’il a été enfant », rappelle-t-il.
Une petite enfance négligée
Selon l’expert, la RDC néglige une étape cruciale : la stimulation et les soins liés au développement de la petite enfance. Près de 93 % des enfants de moins de 5 ans n’ont pas accès à l’école maternelle. Et parmi les 7 % qui y ont accès, beaucoup sont exposés à des contenus d’acculturation, souvent superficiels.
« Un peuple assis sur un trésor préfère exposer ses enfants à des contenus venus d’ailleurs, aux prières ou aux dessins animés, plutôt que de leur offrir une base éducative solide dans les trois premières années de la vie », déplore-t-il.

2050 : une population majoritairement jeune
Le professeur Georges Milumbu souligne que la RDC de 2050 sera dominée par une population jeune. Pourtant, le pays continue de s’appuyer sur un plan stratégique national conçu par des consultants étrangers, sans disposer du capital humain nécessaire pour le mettre en œuvre ni préparer les générations futures.
« Le monde ne se développe pas par des prières, mais par le travail, l’éducation, la science, l’agriculture et l’innovation », insiste-t-il.
La nécessité d’une rupture générationnelle
Pour l’expert en éducation Milumbu Mulumbulwa, une réforme éducative profonde est indispensable. Il s’agit de stimuler la petite enfance, d’éduquer les enfants et de bâtir un capital humain capable de porter l’indépendance intellectuelle et le développement durable.
« Cette rupture générationnelle va créer le nouveau Congolais, celui qui nettoiera les quartiers, protégera les forêts et dénoncera les corrompus », affirme-t-il.
Il appelle à transformer le Plan national stratégique de développement (PNSD) en un plan d’action opérationnel, conçu et piloté par des compétences locales.
Une autre RDC est possible
Pour le professeur Georges Milumbu, l’avenir du pays dépend d’une prise de conscience des dirigeants :
« Le réveil du Congo viendra quand les décideurs comprendront qu’il faut commencer par l’éducation et l’accompagner par une main experte. Le changement est une loi. Une autre RDC est possible. »
Rédaction



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