Attaques d’éléphants à Ankoro : deux morts en moins de trois semaines, les habitants de Manono en détresse

Ankoro (Territoire de Manono, province du Tanganyika) – Une nouvelle attaque d’éléphant a coûté la vie à une mère de famille dans la cité d’Ankoro, située dans le secteur de Kamalondo. Le drame s’est produit moins de trois semaines après la mort d’une jeune fille, tuée dans des circonstances similaires. Ces événements tragiques relancent les inquiétudes sur la sécurité des populations face à la faune sauvage dans cette zone reculée du sud-est de la République démocratique du Congo.

D’après des témoignages recueillis sur place, la victime, mère de plusieurs enfants, aurait été surprise par un éléphant alors qu’elle vaquait à ses activités quotidiennes près de son domicile. L’intervention des villageois n’a pas permis de la sauver. Le choc est profond dans la communauté, encore marquée par la perte récente d’une adolescente, tuée dans des conditions similaires à quelques kilomètres de là.

Les habitants dénoncent l’inaction des autorités locales et provinciales face à ce qu’ils considèrent comme une menace récurrente. Plusieurs villages proches de zones forestières ou situés le long des corridors de migration des éléphants sont régulièrement exposés à des incursions. Malgré les alertes lancées, aucune mesure durable de prévention ou de protection n’a, selon eux, été mise en œuvre.

Le territoire de Manono est proche d’habitats naturels d’espèces protégées, dont les éléphants. Mais la pression démographique, la pauvreté, la déforestation et l’absence de zones tampons aggravent les conflits entre les communautés humaines et la faune sauvage.

Pour les organisations de la société civile locales, ces drames traduisent l’abandon progressif des zones rurales par les pouvoirs publics. « Nous ne demandons pas l’impossible. Nous voulons juste que nos familles vivent sans craindre d’être tuées par un éléphant. Est-ce trop demander ? », s’interroge un chef local, joint par téléphone.

Face à la répétition des drames, les voix se multiplient pour exiger une action urgente et coordonnée : identification des zones à risques, renforcement de la surveillance, campagnes de sensibilisation, intervention active de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), voire relocalisation des familles les plus exposées.

En attendant, la peur reste omniprésente. « Aujourd’hui, ce sont des mères, des enfants. Demain, ce sera qui ? », se demande une habitante d’Ankoro.

Hénnoc Leya Masika, à Kalemie

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