URGENT : L’enseignement congolais à l’épreuve de ChatGPT : la fin de l’effort intellectuel ?

Lubumbashi, 3 août 2025 — À l’heure où le numérique transforme profondément les méthodes d’apprentissage et d’accès à la connaissance, l’enseignement congolais se retrouve confronté à un dilemme de fond : comment préserver la rigueur intellectuelle face à l’essor rapide d’outils comme ChatGPT ?

Longtemps perçu comme un allié pour la recherche et l’apprentissage, ChatGPT, programme d’intelligence artificielle développé par OpenAI, suscite aujourd’hui autant d’enthousiasme que d’inquiétude. De plus en plus d’élèves, d’étudiants et même d’intellectuels y ont recours, parfois de manière excessive, ce qui pose la question de la dépendance intellectuelle et de la dilution de l’effort personnel.

Selon plusieurs chercheurs et enseignants interrogés, dont le professeur Georges Milumbu Mulumbulwa, expert en éducation et enseignant à l’Université de Lubumbashi, l’impact de cette technologie dépend fortement de son usage : « ChatGPT peut être un excellent outil pour renforcer les connaissances, structurer des idées ou développer la lecture en ligne, mais une utilisation abusive réduit les capacités de réflexion et de raisonnement individuel. »

Dans le contexte congolais, où l’accès aux bibliothèques et aux ressources pédagogiques est souvent limité, ChatGPT est perçu par certains comme une solution pratique. Pourtant, d’autres y voient une menace directe à l’esprit critique. « Il devient de plus en plus difficile, même pour les enseignants, de distinguer entre un travail personnel et un texte généré par l’IA », explique un inspecteur de l’enseignement secondaire à Lubumbashi.

Cette situation soulève une problématique plus large : comment continuer à former des esprits autonomes, capables d’analyse et de discernement, dans un environnement où l’IA peut penser et rédiger à la place de l’humain ?

Par ailleurs, plusieurs utilisateurs constatent que ChatGPT se trompe régulièrement, malgré la qualité apparente de ses réponses. Ce n’est pas un être humain, mais un programme basé sur des données statistiques. Ses limites rappellent la nécessité du discernement, de la vérification des faits et du sens critique dans l’usage de ces outils. Autrement dit, s’appuyer aveuglément sur ses réponses peut conduire à des erreurs parfois graves, notamment dans les domaines scientifique, juridique ou éducatif.

La gratuité de l’enseignement de base, bien qu’indispensable, n’a pas encore été accompagnée d’une éducation numérique appropriée. Faute de régulation, des milliers de jeunes élèves utilisent ChatGPT non pas comme un outil d’appui, mais comme un substitut à l’effort intellectuel.

« Il est urgent que les parents, les enseignants et les institutions éducatives jouent leur rôle dans l’encadrement de ces nouveaux outils. ChatGPT ne doit pas remplacer l’intelligence humaine, mais la compléter », ajoute le professeur Milumbu.

Car une question demeure, cruciale : si, un jour, l’outil venait à disparaître ou à devenir inaccessible, que resterait-il de ceux qui s’en sont servis comme unique mémoire ? La vraie intelligence ne se mesure pas à la capacité de générer du texte, mais à celle de réfléchir, d’interroger et de comprendre le monde sans assistance.
El Boutros Banzaley

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