Kinshasa, 16 juillet 2025 – La circulaire émise par le Secrétariat général de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, relative au maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires, ne s’appliquera pas dans les écoles conventionnées catholiques. C’est ce qu’a affirmé ce mercredi l’Abbé Emmanuel Bashiki, secrétaire de la Commission épiscopale pour l’éducation chrétienne et coordonnateur national des écoles conventionnées catholiques.
Dans une correspondance datée du 16 juillet, adressée aux coordonnateurs provinciaux et diocésains, l’Abbé Bashiki rappelle que les articles 1, 2 et 3 de l’Accord spécifique sur l’éducation lient les écoles catholiques à des principes de moralité et de discipline en matière de mœurs. Par conséquent, selon lui, la décision ministérielle ne saurait s’imposer dans ces établissements.
« Comme vous le constatez, Monsieur le Secrétaire général est conscient que sa lettre ne concerne pas les écoles conventionnées catholiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’en a pas réservé copie au coordonnateur national des écoles conventionnées catholiques, lesquelles ne sont donc pas concernées », précise la lettre.
Cette réaction fait suite à la circulaire signée le 14 juillet par la ministre de l’Éducation, Raïssa Malu, invitant les établissements à maintenir les élèves enceintes en classe afin de leur garantir le droit à l’éducation, conformément aux principes d’inclusivité et d’égalité des chances.
Une mesure qui suscite des interrogations
Malgré son intention de protection et de justice sociale, cette décision soulève de nombreuses préoccupations, tant pédagogiques que pratiques. Plusieurs questions restent en suspens au sein de la communauté éducative :
- Comment gérer les fréquents malaises en classe ? (vomissements, fatigue, pression artérielle, etc.)
- Quid des absences répétées pour des consultations prénatales ou des soins liés à la grossesse ?
- Cette mesure risque-t-elle d’ouvrir la voie à des abus, voire à une perception de traitement de faveur ?
- Comment appliquer une discipline équitable sans être accusé d’insensibilité face à l’état de grossesse ?
- Que se passera-t-il si une élève accouche en pleine période d’examens ?
- Une élève qui accouche devra-t-elle revenir avec son bébé en salle de classe ?
Autant de questions qui illustrent la complexité de cette mesure sur le terrain, notamment dans des écoles où la discipline et la moralité sont au cœur de l’éducation, comme celles sous convention catholique.
Vers un bras de fer institutionnel ?
La position claire de l’autorité catholique pourrait ouvrir un débat plus large sur la mise en œuvre de la politique éducative nationale dans les établissements confessionnels. L’avenir dira si un terrain d’entente pourra être trouvé entre les orientations du ministère et les convictions des écoles conventionnées.
Hénnoc Leya Masika à Kalemie




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