Lubumbashi, 08 juillet 2025 – Le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a officiellement convoqué le Gouverneur de la province du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, à Kinshasa. Cette décision est contenue dans la circulaire n°25/CAB/VPM/MININTERSECAC/SLBJ/231/2025 du 8 juin 2025, signée par le VPM en charge de l’Intérieur.
La convocation intervient dans un climat politique tendu, consécutif aux déclarations faites par Jacques Kyabula lors du meeting de l’Union sacrée organisé à Lubumbashi le 30 juin dernier, à l’occasion de la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance de la RDC. À cette occasion, le gouverneur avait qualifié l’ancien président Joseph Kabila ainsi que Corneille Nangaa, leader de la coalition AFC, de « Congolais« , plaidant pour que les différends politiques internes soient « réglés en famille », tout en affirmant que le Rwanda représentait « le véritable ennemi » dans la guerre qui sévit à l’Est du pays.
Ces déclarations, pourtant accueillies avec enthousiasme par une partie de l’opinion publique locale, ont été perçues dans les hautes sphères du pouvoir central comme une forme de dissonance politique, à l’heure où le gouvernement cherche à maintenir une ligne claire face aux accusations de collusion entre certains acteurs politiques et les rebelles du M23 soutenus par Kigali.
Le fait que Kyabula ait insisté sur la « congolité » de figures politiques aujourd’hui controversées, dans un contexte où l’implication présumée de Joseph Kabila et de certains de ses anciens collaborateurs dans la crise sécuritaire de l’Est est régulièrement évoquée dans les médias, n’a pas manqué de faire grincer des dents.
Selon l’arrêté ministériel, cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une consultation politique d’urgence initiée par le ministère de l’Intérieur. Le gouverneur Kyabula devra ainsi fournir des explications précises quant à la portée de ses propos, jugés « inopportuns » dans un contexte de haute sensibilité nationale.
En coulisses, certains observateurs y voient un rappel à l’ordre du pouvoir central, soucieux de préserver l’unité narrative autour des causes de la guerre dans l’Est et de prévenir toute prise de position déviante, même au sein des rangs de l’Union sacrée.
Ce déplacement du gouverneur à Kinshasa pourrait marquer un tournant dans sa trajectoire politique, lui qui est souvent présenté comme un potentiel futur acteur clé sur l’échiquier national. Il reste à savoir si cette convocation débouchera sur une simple mise au point ou sur des mesures plus strictes, dans une province où les tensions politiques locales ne cessent de monter.
Rédaction



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