Kinshasa, le 24 avril 2025 – Dans une démarche stratégique, le directeur pays de Greenpeace Africa, le professeur Georges Milumbu, a été reçu ce jeudi par M. Panupanu, Conseiller principal du Chef de l’État en matière d’Environnement et Développement durable. Cette rencontre visait à réaffirmer l’engagement de Greenpeace Africa en faveur de la réforme du cadre légal environnemental en République Démocratique du Congo.
« Nous sommes venus présenter nos civilités et surtout manifester notre volonté de soutenir les efforts du gouvernement pour renforcer le cadre légal, dans une dynamique de paix durable et de protection environnementale, notamment dans les zones sensibles comme le couloir vert de Kinshasa et le Kivu », a déclaré le professeur Milumbu à la presse.
Au cœur des échanges, plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées. D’abord, la question des hydrocarbures et des droits des peuples autochtones dans des zones à forts enjeux écologiques. Le professeur Milumbu a pointé les nombreuses erreurs contenues dans le décret-loi récemment adopté sous l’impulsion de la Première ministre, insistant sur la nécessité d’une révision.
Greenpeace Africa a également abordé l’enjeu crucial du crédit carbone, qui reste à ce jour non réglementé en RDC. Pourtant, son exploitation se poursuit.
« Il est urgent d’encadrer légalement l’exploitation des crédits carbone. Nous avons déjà soumis un projet de loi dans ce sens, comme nous l’avions fait dans le secteur minier », a rappelé le directeur pays.
Autre point de plaidoyer : la loi agricole, considérée comme un risque potentiel pour l’équilibre environnemental du pays. Greenpeace Africa s’est engagé à offrir un appui technique au gouvernement congolais pour une réforme respectueuse des droits environnementaux et humains.
L’ONG internationale a formulé trois recommandations principales :
- Impliquer les communautés locales et les peuples autochtones dans la gestion participative des ressources naturelles.
- Garantir l’accès direct des communautés aux financements climatiques, à l’image des fonds issus des Conférences des Parties (COP). À ce titre, le professeur Milumbu a évoqué la gestion opaque de 500 millions de dollars par le PNUD, sans contrôle des bénéficiaires directs.
- Instituer une Journée officielle du Bassin du Congo, pour célébrer et défendre la richesse écologique de cette région stratégique.
« Greenpeace Africa est prêt à accompagner le gouvernement congolais pour une transition écologique équitable et inclusive. La paix passe aussi par la justice environnementale », a conclu le professeur Milumbu au micro de DRC-News.
Cette déclaration officielle a été remise au Conseiller principal Panupanu, avec la demande expresse qu’elle soit transmise au Président de la République, Félix Tshisekedi, afin qu’il défende ces propositions dans les grandes institutions régionales, telles que la SADC, l’UA et autres cadres diplomatiques africains.
El Banzaley



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