La Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo tiendra une audience publique le lundi 3 mars 2025 à 13 heures dans l’affaire dite de Bukanga Lonzo, une affaire de détournement présumé de fonds publics impliquant d’anciens hauts responsables de l’État et un homme d’affaires sud-africain.
Parmi les personnes appelées à comparaître figurent l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, Christo Gobler Stephanus, patron de la firme sud-africaine Africom, et Déogratias Mutombo, ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo. Ils sont cités dans le dossier RP 002, où le ministère public les accuse de malversations financières liées au projet agro-industriel de Bukanga Lonzo.
Un dossier emblématique de la lutte contre la corruption
Le projet Bukanga Lonzo, lancé sous le gouvernement Matata Ponyo en 2014, avait pour ambition de transformer la RDC en un pôle agro-industriel majeur. Financé à hauteur de plus de 285 millions de dollars, le projet s’est rapidement effondré, entraînant des soupçons de détournements massifs. Selon plusieurs rapports, une grande partie des fonds alloués auraient été mal utilisés, conduisant à l’abandon du projet et à des pertes économiques importantes pour le pays.
L’implication de Christo Gobler, à travers son entreprise Africom, soulève également des interrogations sur la gestion des contrats et la destination des fonds. Déogratias Mutombo, alors gouverneur de la Banque centrale, est lui aussi mis en cause pour des décisions financières ayant facilité les transactions controversées.
Vers un procès décisif ?
Cette convocation devant la Cour constitutionnelle marque une nouvelle étape dans ce dossier sensible. L’ancien Premier ministre, qui a toujours clamé son innocence, dénonce un procès politique visant à l’écarter de la scène politique. De son côté, le gouvernement congolais insiste sur la nécessité de rendre justice et de récupérer les fonds perdus.
L’audience du 3 mars sera déterminante pour l’avenir de cette affaire. Elle pourrait déboucher sur un procès en bonne et due forme ou sur d’éventuelles décisions judiciaires concernant les accusés. Quoi qu’il en soit, cette procédure judiciaire s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et l’impunité en RDC.
L’opinion publique suivra de près cette audience qui pourrait marquer un tournant dans la gestion des finances publiques et la gouvernance en République Démocratique du Congo.
El Banzaley



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