Les sanctions de l’observatoire américain contre James Kabarebe, ancien chef d’état-major des forces armées rwandaises, et Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23, ont été accueillies avec satisfaction en République Démocratique du Congo. Parmi les voix qui se sont élevées pour saluer cette décision, celle de l’honorable Dignitaire d’État, Viviane Masengo Esther, présidente inter-fédérale du Mouvement des Congolais Unis (MCU) dans le Haut-Katanga, exprime une position claire et sans concession.
« C’est avec une petite satisfaction que nous apprenons la décision de l’observatoire américain des fonds étrangers de sanctionner deux individus criminels du régime de Kigali. » Ces mots de Viviane Masengo Esther reflètent un sentiment partagé par de nombreux Congolais : une avancée symbolique, mais encore loin d’être suffisante.
En sanctionnant James Kabarebe, un acteur clé du pouvoir rwandais, et Lawrence Kanyuka, porte-voix du M23, les États-Unis reconnaissent enfin une vérité que la RDC clame depuis longtemps : l’implication du Rwanda dans la déstabilisation persistante de l’Est du Congo. Mais si ces sanctions marquent un tournant diplomatique, elles restent limitées, car elles ne ciblent que des individus et non le système d’appui du régime de Kigali aux groupes armés.

Des sanctions individuelles jugées insuffisantes
Pour Viviane Masengo Esther, la communauté internationale ne peut pas se contenter de simples sanctions ciblées.
« Les États-Unis et d’autres pays partenaires doivent aller plus loin, en suspendant l’aide militaire et l’aide au développement accordées au Rwanda, que le régime de Paul Kagame détourne pour financer des rébellions et déstabiliser l’Est de la RDC« , insiste-t-elle.
Depuis des années, des rapports accablants des Nations Unies et d’organisations indépendantes ont mis en lumière le soutien logistique, militaire et financier du Rwanda au M23, un groupe rebelle responsable de massacres, viols, pillages et déplacements forcés de populations congolaises. Pourtant, malgré cette reconnaissance croissante du rôle du Rwanda, la réponse internationale reste encore timide et insuffisante.
« On ne peut pas reconnaître la responsabilité du régime rwandais dans l’agression de la RDC et se contenter de sanctionner quelques individus. Les sanctions individuelles sont insuffisantes. » Pour la présidente du MCU, il est impératif de mettre en place une stratégie globale et coordonnée qui ciblerait non seulement les acteurs impliqués, mais également l’État rwandais dans son ensemble.
Une pression internationale nécessaire sur le Rwanda
Viviane Masengo Esther appelle à un changement radical dans la politique internationale à l’égard du Rwanda. Selon elle, les sanctions doivent viser directement les structures économiques et diplomatiques du régime rwandais, afin de limiter ses capacités de financement des groupes armés.
Elle plaide notamment pour :
✅ La suspension immédiate de l’aide militaire et financière au Rwanda, afin d’empêcher le détournement de fonds au profit des groupes rebelles.
✅ Des sanctions économiques ciblées contre les entreprises et institutions complices du financement du M23, qui servent d’intermédiaires au régime de Kigali.
✅ Un isolement diplomatique renforcé de Kigali, jusqu’à ce que le régime cesse son ingérence dans les affaires congolaises et engage un dialogue sincère en faveur de la paix.
Vers un réveil de la communauté internationale ?
Si ces sanctions américaines constituent une première reconnaissance officielle du rôle du Rwanda dans le conflit congolais, elles doivent être suivies d’actions concrètes et coordonnées. La présidente du MCU exhorte la communauté internationale à faire preuve de courage et de solidarité envers le peuple congolais, qui souffre depuis trop longtemps de cette guerre d’agression orchestrée depuis Kigali.
« Seule une pression forte et une riposte politique et économique adaptée pourront contraindre Kigali à cesser son agression en RDC. Le temps des demi-mesures est révolu. »
Le combat pour une paix durable en RDC ne fait que commencer, et l’ampleur de la réponse internationale dans les prochains mois sera déterminante.
El Banzaley



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