Par Steve Mbikayi – Tribune Libre 77
L’occupation de Goma et de Bukavu par les forces rwandaises a révélé trois catégories de Congolais face à cette crise. Entre triomphalisme déplacé, attentisme stratégique et loyauté indéfectible, chacun adopte une posture dictée par ses intérêts et sa vision de l’avenir du pays. Mais une chose est certaine : Félix Tshisekedi ne tombera pas.
Les triomphalistes et leur dangereuse illusion
Certains Congolais jubilent, persuadés que la chute du régime est imminente. Animés par des sentiments que nous préférons taire, ils espèrent un effondrement du pouvoir en place, peu importe les conséquences pour la nation. Pourtant, ils savent qu’en cas de victoire de l’ennemi, le pays ne sera pas dirigé par des Congolais, mais par des marionnettes au service du Rwanda.
L’histoire nous a déjà donné un aperçu de ce scénario. Lors de la rébellion du RCD, Kigali avait mis en avant des figures congolaises comme Wamba dia Wamba et Adolphe Onosumba, avant de les écarter lorsque le contrôle total était assuré. Ceux qui misent sur une prise de Kinshasa par les forces rwandaises doivent comprendre qu’un retour en arrière serait bien plus difficile qu’en 1998.
Le cas de Corneille Nangaa, récemment propulsé « leader » du M23 après seulement quelques semaines d’adhésion, illustre parfaitement cette stratégie d’instrumentalisation. Comment justifier rationnellement une telle ascension express ? À chacun sa réponse.
Les opportunistes silencieux
Une autre frange, plus prudente, observe la situation en silence. Parmi eux, des figures de la majorité convaincues que le pouvoir est sur le point de basculer. Elles attendent, hésitantes, ne voulant ni s’exposer ni prendre de risque.
Dans l’entourage d’un chef d’État, il y a toujours trois types de collaborateurs :
Les flatteurs, qui acclament dans les bons jours et disparaissent quand le vent tourne.
Les traîtres, qui jouent sur tous les tableaux et n’hésitent pas à offrir leur expertise au plus offrant.
Les loyaux, qui tiennent bon et défendent le régime jusqu’au bout.
C’est à ces derniers que revient la mission de protéger la stabilité du pays et d’empêcher un retour en arrière démocratique.
Une guerre qui ne fait que commencer
L’agression actuelle du Rwanda n’est pas sans rappeler celle de 1996, où une coalition régionale avait mis plusieurs mois avant d’atteindre Kinshasa. Mais cette fois-ci, la situation est différente. Le Rwanda, isolé diplomatiquement et militairement limité, ne pourra pas avancer indéfiniment. Son objectif est clair : maintenir sa mainmise sur l’Est, piller les ressources et, si possible, annexer certains territoires.
Mais le repli stratégique de nos forces n’est pas synonyme de défaite. L’ennemi, galvanisé par ses avancées, pourrait bientôt tomber dans un piège qui lui sera fatal. Ceux qui, aujourd’hui, crient victoire risquent de déchanter.
Que ceux qui doutent retrouvent confiance : Fatshi ne tombera pas.
Tribune Libre 77 – Steve Mbikayi



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