À l’occasion du 19è anniversaire de la promulgation de la Constitution du 18 février 2006 en République Démocratique du Congo (RDC), DRC News s’est entretenu avec le Professeur Georges Milumbu, une figure influente dans le paysage éducatif congolais. Expert reconnu en éducation, professeur des universités, homme d’affaires et entrepreneur engagé dans le développement local, il a joué un rôle clé dans de nombreuses réformes du système éducatif en RDC. Actuellement en mission au Sénégal en tant que Country Director d’une ONG internationale, il partage son analyse sur le parcours de la Troisième République, les acquis, les défis et les perspectives d’avenir.
Une Constitution démocratique, mais fragilisée par des manipulations
Le Professeur Georges Milumbu Mulumbulwa salue la Constitution de 2006 comme un texte fondateur de la démocratie congolaise, mais déplore les nombreuses tentatives de manipulation. « C’est une Constitution qui consacre la démocratie avec des garde-fous pour empêcher les abus, mais elle est souvent exploitée à des fins égoïstes », déclare-t-il. Pour lui, ce texte a apporté une stabilité relative, mais sa mise en œuvre a souvent été compromise par des ambitions personnelles.

Les acquis de la Troisième République : alternance et représentativité
Après 19 ans, le Professeur Milumbu reconnaît des acquis notables, notamment le principe de l’alternance politique, symbolisé par la passation pacifique du pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Il souligne également l’importance de la représentativité géographique au sein des institutions, essentielle pour maintenir l’unité d’un pays aussi vaste et diversifié que la RDC. « La gestion des ambitions à la grandeur de la RDC et la cohésion interne sont des acquis précieux qu’il faut préserver pour l’avenir du pays », insiste-t-il.
Un respect partiel de la Constitution et des violations répétées
En tant qu’acteur engagé dans le développement et les réformes éducatives, le Professeur Georges Milumbu observe que, bien que certains aspects de la Constitution aient été respectés, de nombreuses violations ont marqué les deux dernières décennies. « La prestation de serment de nos présidents s’est faite dans le respect de cette Constitution, mais elle a été manipulée à plusieurs reprises par les dirigeants, notamment pour tenter de prolonger leur maintien au pouvoir au-delà des limites fixées », affirme-t-il.
Des défis persistants : un leadership éthique et des réformes structurelles
Pour répondre pleinement aux attentes du peuple congolais, le Professeur Milumbu appelle à l’émergence d’un leadership intègre et visionnaire. « La RDC a besoin d’un président qui incarne l’excellence, la liberté, l’éthique et le sens de l’effort », martèle-t-il. Fort de son expérience dans la réforme éducative, il sait que le développement du pays passe par des institutions solides et des leaders exemplaires. Il plaide pour une révision de l’article 70, alinéa 2, afin de rendre obligatoire l’organisation des élections dans les délais, sous peine de démission automatique et de poursuites pour haute trahison.

Réformer pour un développement durable et une meilleure gouvernance
Le Professeur Milumbu, également entrepreneur axé sur le développement local, insiste sur la nécessité d’associer les organisations de la société civile à la gestion des fonds publics pour garantir une utilisation transparente et efficace des ressources. Il recommande aussi de renforcer les critères d’éligibilité des candidats aux hautes fonctions, pour s’assurer qu’ils possèdent les compétences et l’intégrité nécessaires.
Une révision constitutionnelle nécessaire, mais dans un contexte favorable
Concernant l’idée de modifier la Constitution, comme envisagé par le Président Félix Tshisekedi, le Professeur Milumbu estime qu’une révision est inévitable, mais pas sous l’actuel régime. « Une révision est essentielle pour adapter la Constitution aux défis actuels, mais elle doit être menée par un gouvernement crédible, exempt de corruption, de clientélisme et de tribalisme », prévient-il. Il alerte également sur les risques d’une telle entreprise dans le contexte actuel, notamment le danger de subversion et de balkanisation, dans un pays où la cohésion nationale est déjà fragile.
Le 19è anniversaire de la Constitution de 2006 marque un moment crucial pour réfléchir aux avancées et aux défis de la Troisième République. Le Professeur Georges Milumbu, expert en éducation et acteur clé du développement local, l’homme d’« une autre RDC est possible, le changement est une loi », appelle à des réformes profondes et à un leadership intègre pour garantir un avenir démocratique et prospère à la RDC. Son expertise et son engagement dans l’éducation et le développement font de lui une voix respectée et écoutée, porteuse d’espoir pour le pays. Un fermier aussi dans son Maniema natal, il reste un modèle pour la jeunesse.
Par DRC News



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